Le barde du dimanche

Découvre, headbang, répète

Barde des riffs oubliés, je parcours les royaumes du son à la recherche de pépites musicales.
Bienvenue dans mon univers : là où le metal forge la nouveauté.

Sleep Token – Even in Arcadia

Sleep Token : de l’ombre à la lumière

Sleep Token est passé du statut de groupe metal underground et confidentiel à une tornade imparable avec Take Me Back To Eden. En un éclair, ils ont quitté les premières parties obscures pour ouvrir pour Linkin Park, avant de s’imposer en tête d’affiche des plus gros festivals. La pression sur ce nouvel album était énorme. La vraie question : ce quatuor anglais va-t-il enfin exploser tous les plafonds et entrer dans la cour des grands ?

L’image avant la musique

Avant d’écouter l’album je me dois de vous parler de l’imagerie de Sleep Token. Une pochette sublime, mystérieuse, pleine de symboles et d’interprétations. Pour les novices, impossible de deviner ce qui se cache derrière — clairement l’une des plus belles covers de l’année.

Un démarrage captivant… mais un ventre mou

L’album débute avec Look to Windward. Synthés et accords délicats de Vessel installent immédiatement une tension mélancolique. J’ai été happé dès la première écoute. Le break au piano, avec Vessel qui murmure des mots doux, est tout simplement magique — quelle voix ! Une intro parfaite. Et bam, la fin claque avec un accordage encore plus grave, un rappel brutal des racines metal du groupe.

Emergence suit, premier single qui concentre tout ce que Sleep Token maîtrise en 2025 : un groove ultra “sexy” qui fait monter la tension, des phrasés rappés surprenants de Vessel, et ces refrains larges et poignants. Et ce solo de sax improbable ? Je n’en voulais pas, mais maintenant, impossible de m’en passer.

Puis vient Past Self. Je n’y traînerai pas : loin de ce que j’aime. Rythmique mécanique, Vessel qui rappe en continu, un titre calibré radio mais sans âme.

Dangerous continue dans le Sleep Token qu’on connaît bien : gros riff, falsettos caractéristiques. On est dans le ventre mou, ça fait le taf mais ça n’embarque pas.

Des risques osés et des réussites brillantes

Puis BAM, Caramel avec sa rythmique reggaeton — j’étais pas prêt. À la première écoute, j’ai détesté. Mais ce refrain “stick to me like caramel” s’est incrusté dans ma tête, impossible de m’en débarrasser. Le batteur s’éclate à fond, breaks et délires rythmiques partout (comme le caramel, tu vois le clin d’œil). Suis-je en train d’admettre que cette chanson me plaît ? Clairement oui, surtout avec cette fin blast beat et double pédale qui défonce tout.

Even in Arcadia, le titre éponyme, c’est du beau boulot, propre et bien exécuté, rien à redire.

Et là, Provider débarque, ma pépite de l’album. Intro à l’orgue, on se croirait dans une église, et notre prêtre Vessel a un message à faire passer. La basse au clavier pose une rythmique ultra sensuelle, la guitare arrive pour un refrain mélancolique, triste mais puissant. Chaque instrument trouve sa place, un riff qui tourne en boucle, tout s’emboîte parfaitement. Enfin, on sort du ventre mou.

Suit Damocles, la ballade/pop de l’album, moins brute mais lumineuse, portée par les breaks précis et puissants de la batterie de II.

Gethseman démarre différemment, sans falsetto, avec une voix un peu plus robotique, ce qui fait plaisir. L’album suit quand même une recette classique : intro clean, couplet RnB, refrain metal alternatif, passage djent et gros breakdown. Faut reconnaître la prise de risque des guitares très prog, et ce passage trap… Sleep Token ne se refuse rien. Même si ça fera décrocher plus d’un, il faut avouer que c’est bien fait.

Une conclusion en feu… mais en désordre

On retient souvent la première et la dernière chanson d’un album, et Infinite Bath est la plus violente ici, déchaînée, accordée au plus bas, comme pour rattraper les fans perdus sur les phases trap/rap. Ça arrive un peu tard à mon goût, mais ce morceau violent est parfait pour clôturer un album qui part un peu dans tous les sens.

Verdict final : un album entre audace et inconstance

Pour conclure, Even In Arcadia est un bon album, mais loin d’être parfait. Difficile de faire mieux que Take Me Back To Eden, qui reste une réussite supérieure. Cet album oscille entre le très bon et le moins convaincant. Je sais que ça va en perdre plus d’un, mais Sleep Token a clairement élargi sa communauté avec ce disque, attirant un nouveau public..

NOTE 13/20

Look to Windward – 7:45

Emergence -6:26

Past Self – 3:35

Dangerous – 4:11

Caramel – 4:50

Even in Arcadia – 4:28

Provider – 6:06

Damocles – 4:25

Gethsemane – 6:23

Infinite Baths – 8:23

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